Vous...




    Les mots des 'Souvenirs du Jour' sont comme de petites graines jetées aux quatre vents. Certaines connaissent une morne destinée, desséchant à la surface de landes infertiles ou ne trouvant nulle part où se poser. Mais d'autres trouvent une terre accueillante dans laquelle elles vont prendre racine. Je le sais, car parfois je reçois, d'ici ou de là, des quatre coins du monde, une belle corbeille colorée, une corbeille remplie des fruits du bel arbre qu'est devenue la petite graine. Ma joie alors est immense...


    Peut-il y avoir plus belle chose dans la vie d'un auteur que l'avis de ses lecteurs? Peut-il y avoir plus belle récompense pour ses années d'écriture que l'écho des cœurs battant au rythme des pages qui se tournent?


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Le sentiment d'une lectrice


    Au fil de chacune de ses pages, l'auteur nous entraîne au plus profond de notre vie. Bien sûr, la police d'écriture si élégante peut soit nous retenir hors du livre, soit nous entraîner avec délice. Car il s'agit bien d'une lettre manuscrite, lettre que Frédéric Gerst adresse autant à nous qu'à lui-même.

    De même le langage peut en dérouter certains, par sa forme, et en réjouir d'autres, sensibles à ce que notre langue offre de beautés, si peu usitées, méconnues par le plus grand nombre maintenant.

    Des premiers mots jusqu'aux derniers, nous sommes traversés par ce qui nous est transmis : nous jouons avec ces deux enfants, nous frissonnons et tremblons avec Alexandre ; nous doutons, rêvons, espérons et nous nous laissons transporter par son amour sublime pour Claire ; nous finissons par ne plus savoir ce qui nous émeut le plus.

    Evidemment, nous avons tous le souvenir plus ou moins attendri de nos amours enfantines, le rêve plus ou moins réalisé de vivre une histoire d'amour, sans oublier nos émois devant les grandes envolées des amants les plus célèbres. Mais certains ne vibreront pas pour ces deux êtres, qui font le choix de sacrifier l'amour ordinaire sur l'autel de l'amour sublime, quand d'autres ne seront transportés que par cet aspect du récit.

    Cette dimension, humaine, peut nous entraîner à nous questionner déjà sur ce sentiment dont le nom est devenu presque banal. Ce don que ces deux êtres se font, dans tant de pureté, qui peut encore l'envisager de nos jours ?

    Mais l'auteur nous questionne encore plus : dans cette histoire si magistralement contée, nous survolons ses interrogations, de plus en plus essentielles, ses idées qui peu à peu se dévoilent et révèlent une vision plus vaste de la vie, plus profonde.

    En effet, il y a une dimension différente qui n'apparaît que progressivement dans la lecture. Nous cheminons avec le personnage, et chaque étape de son avancée se fait aussi en nous, pour peu que nous prenions le temps de laisser ses interrogations nous atteindre. Et ce qu'il finit par découvrir nous apparaît aussi, si nous décidons d'être suffisamment ouverts à ce qui est.

    Tous ne seront pas sensibles à cette dimension imprégnée par l'écrivain dans son livre, mais c'est ce qui a attiré tout de suite mon attention, cette manière sincère et innocente d'oser se présenter dans sa véracité, de parler de sa foi, de ses convictions, de sa certitude devant ce dont nous ne voulons plus parler : notre Être.

    Face à cette déclaration d'amour universel, même si mon chemin est autre, je tiens à remercier Frédéric Gerst pour nous offrir de découvrir cette " Contrée Verdoyante ".


              Valérie





© UndómielDernière mise à jour: le lundi 26 septembre 2011